Le syndrome de Stendhal

Publié le : 07 décembre 20205 mins de lecture

Le syndrome de Stendhal, également connu sous le nom de syndrome de Florence, est considéré comme un trouble psychosomatique qui touche principalement les personnes très sensibles. Elle se manifeste lorsque, en peu de temps, on admire un grand nombre d’œuvres d’art, ce qui déclenche une sorte d’overdose de beauté artistique. L’origine de cette pathologie réside dans le sujet qui observe l’œuvre d’art et non dans l’objet lui-même. L’admiration des œuvres d’art a de multiples interprétations et valeurs subjectives qui dépendent de la culture de chacun d’entre nous.

Études sur le syndrome de Stendhal

Divers groupes de neurologues expliquent qu’un plaisir mental excessif, provoqué par l’observation d’œuvres merveilleuses, peut se transformer en un grand malaise. En général, les symptômes qui se manifestent sont à la fois physiques et mentaux : transpiration, palpitations, nausées, vision floue. Il existe également un sentiment de stress ou similaire à une crise d’angoisse, accompagné d’hallucinations et de sentiments d’euphorie et de dépression, selon le cas. Le premier à écrire sur cette pathologie est l’écrivain français Stendhal, qui a décrit son expérience personnelle lors d’une visite à Florence. Néanmoins, dans les années 70, c’est la psychiatre Graziella Magherini, après avoir étudié un grand nombre de cas, tous manifestés par des touristes en visite à Florence, qui l’a définie comme une véritable pathologie. Habituellement, vous souffrez de cette pathologie lorsque vous êtes dans des villes importantes du point de vue artistique. Florence, Rome ou Venise sont les exemples les plus connus. La réponse controversée soutenue par certains psychologues décrit comme seule responsable de ce syndrome la suggestion qui accompagne de nombreux touristes qui connaissent déjà cette pathologie. Le syndrome de Stendhal est devenu un point de repère du romantisme et peut frapper partout où la concentration de la beauté artistique, peinture, musique, poésie, est impossible à supporter.

Pourquoi ce nom ?

La dénomination de syndrome de Stendhal est un hommage rendu au célèbre écrivain français, qui a été le premier à en tenter une description. Dans son récit de voyage autobiographique, Stendhal évoque notamment sa visite mémorable de la basilique Santa Croce à Florence, dans laquelle il passe par un état à mi-chemin entre l’extase esthétique et une transe mystique, au contact direct des grands artistes qui ont contribué à donner son âme au lieu. Les fresques de Volterrano, qui décorent le plafond, lui ont singulièrement permis de se rapprocher des sensations célestes données par les beaux arts. L’écrivain sort de l’édifice dans un état second, et le cœur battant.

Risquez-vous d’être exposé au syndrome de Stendhal ?

Vous vous apprêtez à parcourir Florence ou le reste de l’Italie, êtes sensible à l’art, et redoutez de vous donner en spectacle en plein musée ? La typologie dressée permet de déterminer votre degré de vulnérabilité au syndrome de Stendhal. Seuls des visiteurs présentant un profil très spécifique, en effet, semblent atteints par ce mal. Les Florentins eux-mêmes, et plus généralement les Italiens, ne développent jamais ce syndrome, ce qui peut s’expliquer par leur accoutumance à l’art classique et à l’esthétique dès le plus jeune âge. À l’autre bout du spectre, les touristes issus d’une culture très différente ne paraissent pas non plus connaître ce type de transe. Au final, le public le plus exposé est celui des Européens amateurs d’art, et plus spécifiquement les femmes ayant une importante culture artistique et religieuse.

Doutes sur la réalité du syndrome

On peut cependant douter de l’existence réelle du syndrome de Stendhal. Graziella Magherini n’a suivi que deux cents personnes, un échantillon d’autant plus faible quand on le met en rapport avec le nombre total de touristes : dix millions de nuitées par an rien qu’à Florence. On peut également mettre en question la délimitation très subjective du syndrome de Stendhal, ses manifestations variant beaucoup d’un individu à l’autre. Pour certains, l’explication du syndrome n’aurait même rien à voir avec l’art et serait beaucoup plus pragmatique : les touristes soumis à la fatigue et au stress, enchaînement des visites, foule, chaleur, seraient naturellement plus sujets aux malaise

Plan du site